Atténuation des risques, entre complexité et inefficacité

Hubert Guillaud

Tim Bernard pour TechPolicy a lu les évaluations de risques systémiques que les principales plateformes sociales ont rendu à la Commission européenne dans le cadre des obligations qui s’imposent à elles avec le Digital Service Act (DSA). Le détail permet d’entrevoir la complexité des mesures d’atténuation que les plateformes mettent en place. Il montre par exemple que pour identifier certains contenus problématiques d’autres signaux que l’analyse du contenu peuvent se révéler bien plus utile, comme le comportement, le temps de réaction, les commentaires… Certains risques passent eux totalement à la trappe, comme les attaques par d’autres utilisateurs, les risques liés à l’utilisation excessive ou l’amplification de contenus polarisants et pas seulement ceux pouvant tomber sous le coup de la loi. On voit bien que la commission va devoir mieux orienter les demandes d’information qu’elle réclame aux plateformes (mais ça, la journaliste Gaby Miller nous l’avait déjà dit).

MAJ du 24/03/2025 : Pour Tech Policy Press, Orsolya Reich du Civil Liberties Union for Europe  et Sofia Calabrese de l’European Partnership for Democracy (EPD) estiment que les rapports des plateformes pour le DMA ont une forte tendance à « l’évasion », c’est-à-dire qu’elles ne reconnaissent que des risques limités, sans proposer de remèdes et minimisent tous les risques démocratiques, notamment la désinformation électorale.

MAJ du 29/05/2026 : Une étude sur la transparence des informations que les grandes plateformes partagent avec les autorités de contrôle, notamment européennes, montre à quel point la loi sur la transparence des données (DSA) reste insuffisante. Certaines plateformes (comme X et Snapchat) disposent de systèmes de transparence qui ne fournissent aucune donnée. Aucune plateforme ne donne accès aux données historiques nécessaires aux analyses longitudinales. Dans de nombreux cas documentés, la véracité des informations du portail de transparence est mise en doute – même celle de Meta, qui obtient le meilleur score dans l’étude. En définitive, écrivent les auteurs, cette opacité empêche de répondre aux questions les plus urgentes de notre époque, de la manipulation électorale à la montée de l’antiféminisme violent ou du terrorisme.