La transcription automatique en ses limites

Hubert Guillaud

On avait déjà souligné les grandes limites de la synthèse automatisée. Un organisme de surveillance du service national de santé (NHS) britannique, Healthwatch England, met en garde : les assistants de transcription par IA – qui écoutent et transcrivent les consultations médicales – utilisés par de plus en plus de docteurs, se trompent sur les noms de médicaments et les diagnostics, rapporte The Guardian. « Si elles ne sont pas détectées, ces erreurs risquent de se retrouver dans les dossiers médicaux des patients et d’affecter leur prise en charge ». Le problème, souligne Healthwatch England, c’est que les dispositifs de transcription automatiques des consultations sont au cœur du « grand virage » prévu pour le NHS, visant à transformer un service fonctionnant sur des méthodes analogiques en un service numérique. Ces erreurs, souvent repérées par les patients eux-mêmes, nécessitent de mettre en place un système de signalement et de rectification adapté. Le problème, pointe encore l’organisme, c’est que l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé a décidé de ne pas classer ces outils de transcription par IA comme des dispositifs médicaux ; cela signifie qu’il n’y aura aucune supervision à l’échelle de l’Angleterre pour garantir leur sécurité et leur efficacité. 

Pour Charlotte Blease, experte en utilisation de l’IA dans le secteur de la santé à l’université d’Uppsala (Suède), les erreurs sont plus susceptibles de se glisser dans les dossiers lorsque la consultation implique plusieurs personnes, que les patients ont des antécédents médicaux complexes ou les patients maîtrisent mal l’anglais.