Surveiller l’antisyndicalisme

Hubert Guillaud

LaborLab, une organisation américaine de défense des droits des travailleurs a lancé des outils pour permettre aux employés de mieux savoir qui leurs employeurs engagent pour contrer les initiatives de syndicalisation et les sommes (considérables) qu’ils y consacrent. En documentant les cabinets d’avocats et de consultants spécialisés dans dans la lutte antisyndicale et les achats des entreprises. Un moyen de montrer l’opposition à laquelle les travailleurs font face, via un outil de recherche dédié et un outil d’évaluation des coûts des luttes anti-syndicales engagées. Bien sûr, précise Fast Company, « bien que les entreprises soient légalement tenues de divulguer leurs dépenses liées aux stratégies antisyndicales, celles-ci sont loin d’être toujours documentées et à jour ». 

Sam Doyle, infirmière praticienne au Fred Hutchinson Cancer Center de Seattle, a fait face à une forte résistance au cours des dix-huit derniers mois alors qu’elle tentait de syndiquer les infirmières praticiennes et les assistants médicaux. Elle a toutefois été stupéfaite de découvrir les sommes potentiellement englouties dans la lutte contre le syndicat. « Je découvre le monde du militantisme syndical et je ne suis pas particulièrement portée sur les chiffres », confie-t-elle. « Mais cet outil de calcul m’a glacé le sang. J’avais du mal à croire que notre employeur puisse dépenser près d’un demi-million de dollars pour s’opposer à nous. »  « S’ils parviennent un jour à l’étape des négociations, Doyle pense que l’outil se révélera utile lorsque la direction affirmera ne pas disposer de fonds suffisants pour financer des augmentations de salaire ou d’autres mesures bénéfiques pour les employés. »